dsc_3225.jpg Après la mer, à moi les montagnes ! Avec 5-6 jours pour marcher, je choisis de faire le Mare a Mare Sud qui est la traversée d’Est en Ouest du Sud de la Corse. Bien plus tranquille que le mythique GR20, ce sera aussi une occasion de me changer des sommets Grenoblois avec leur crêtes dénudées et leurs tas de rochers. Ici on marche principalement en sous-bois, la végétation est bien dense et on évite ainsi plus facilement la chaleur que je redoute tant(déjà que j’ai toujours trop chaud en temps normal, et bien quand je marche c’est 3 fois pire).
Pour souffrir quand même un peu et parce que j’aime bien faire le sherpa je trimballe un sac de près de 20kg à plein, avec des tas de trucs inutiles de ma semaine de kayak, 2 fois trop de bouffe pour être sur de bien gouter à tout ce qui se fait de bon en Corse, mon appareil-photo un poil trop lourd et tout ce qu’il faut pour camper alors que je vais surtout dormir au gite…

Le premier jour n’est pas le meilleur : il faut faire une heure et demi de bitume pour quitter vraiment Porto-Vecchio et prendre le sentier, le temps est couvert et la pluie débarque, je commence par patienter une demi-heure sous ma cape de pluie avant d’en avoir marre et de repartir, je mange accroupi sous un arbre en essayant d’éviter les gouttes… heureusement ça se dégage en fin de journée et j’arrive au premier gite (Le Refuge à Cartalavonu) sous le soleil.

Ce premier gite ne me semble pas terrible, presque tout le monde doit se serrer dans un dortoir sous les toits, le diner est correct sans plus et le petit-déj carrément limite. Le fait que ce gite soit la seule possibilité pour cette première étape ne doit pas y être pour rien… Heureusement de jours en jours les gites ne cesseront de s’améliorer ce qui fait qu’on est à chaque fois agréablement surpris (dans l’autre sens cela devait être un peu déprimant), et qu’on se demande au final comment la qualité peut être aussi inégale alors que le prix est le même partout (pas vraiment donné en plus). Mention spéciale aux gites de Sainte-Lucie-de-Tallano et de Burgo pour le confort et la qualité de la cuisine ! Pour la peine je vais prendre le temps d’écrire au Routard, qui se contente de lister les gites sans vraiment donner de jugement alors que c’est quand même un peu ce qu’on lui demande !

dsc_3284.jpg Il y a peu de points de vue sur ce sentier (car en forêt si vous avez bien suivi hein) mais ils sont à chaque fois superbes : les aiguilles de Bavella apparaissent en fond tous les jours, les villages se dressent sur les crêtes, la forêt semble infinue et on a vraiment le sentiment de contempler la Corse profonde qui est trop souvent éclipsée par le bord de mer. Les chêneraies et châtaigneraies se succèdent, les chemins sont bordés de vieux murets et sont finalement vraiment agréables à parcourir. Petit bémol tout de même pour les abords de certains villages (heureusement pas tous) qui sont assez crades, ce qui est dommage sachant que ce sentier apporte quand même un bon paquet de touristes dans cette région…

C’est en rencontrant ses habitants que l’on se rend compte que la Corse ce n’est pas tout à fait la France : les lois ne sont pas toujours vraiment les mêmes (ah bon il y a une date de fermeture de la chasse?), le monde politique apparaît sous un jour différent (seuls certains Corses savent apparemment que Sarkozy a changé de bord, et je ne parle pas de bord politique…) et les interminables récits historico-généalogiques auxquels se livrent les commerçants des villages laisse un peu l’impression d’un monde refermé sur lui-même. Mais cela fait aussi partie du charme de la région, et je suis souvent très agréablement surpris du bon accueil réservé aux touristes (le mois de septembre aidant peut-être ?)

Au fil des jours je croise et recroise les mêmes têtes sur les sentiers, je rencontre des tas de gens à la table commune des gites, et au final je ne randonne plus vraiment tout seul ce qui n’est pas plus mal… Merci donc entre autres à :
* Audrey, Lucie, André et les autres québecquois déchainés pour les tournées de liqueur de myrthe et de framboise
* Autumn et Jonathan from London pour le récit hilarant de leurs aventures : ils ont pris un vol pour le sud de la Sardaigne en pensant que c’était pas si loin que ça de la Corse (7 heures de bus + 2 heures de ferry…), du coup dans la même journée ils se sont retrouvés bloqués dans un bus près de Cagliari par le convoi de la papamobile (ok c’est un peu énorme mais j’ai vérifié il y est bien allé début septembre), et une fois sur l’itinéraire de rando ils ont du perdre une journée pour faire un aller-retour sur Porto-Vecchio racheter des chaussures de marche parce que celles qu’elle avait acheté sur ebay juste avant de venir n’allaient vraiment pas… des vrais londoniens en vacances selon eux :-)
* Alice, Isabelle, Kénora, Benoît et Guillaume de Nancy pour m’avoir accompagné sur un bon bout du chemin (voire pendant les 2 derniers jours entiers… et c’était définitivement bien plus marrant de marcher à plusieurs), incité à me baigner dans un ruisseau bien bien frais (j’aime pas trop ça moi l’eau fraiche), fait conduire un scooter sur les routes tortueuses et défoncées de Corse pour faire la tournée des plages (pas vraiment mon truc le scooter, on va dire que j’avais du mal à conduire détendu ;-)), et permis de dormir dans leur bungalow alors que j’avais bien la flemme de sortir la tente à la nuit tombée…

dsc_3172.jpg Finalement 5 jours de rando dans cette région me semble être une bonne durée : pas trop long pour ne pas se lasser car après tout les paysages ne changent pas tant que ça d’un jour à l’autre, mais bien assez pour se sentir “immergé” dans la rando et prendre son petit rythme quotidien, apprécier les premiers pas dans la fraicheur du matin, les belles tranches de Lonzo du midi (du filet de porc fumé…terrible!), le Perrier bien frais lorsque la chaleur s’est installée, la Pietra de l’apéritif (bière à la chatâigne pas mal du tout) et le sommeil bien mérité le soir à 22h pétantes ;-)

Voilà le retour de Corse sonne un peu la fin des grandes vacances pour moi aussi, heureusement j’ai gardé quelques jours sous le coude pour me faire progressivement à l’idée de retourner au boulot ;-)

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