Archives pour la catégorie “Andalousie”
Publié par Caro dans Andalousie
Il était une fois … une pauvre épouse espagnole délaissée par son macho de mari, Doña Ana, qui décida un jour, devant l’indifférence manifeste de ce dernier, de se retirer dans une de ses propriétés, au fin fond de l’Andalousie marécageuse.
Sa propriété, de plusieurs hectares, principalement constituée de marais à moustiques était réputée pour être un aire d’arrêt des oiseurs migrateurs sur leur route vers le sud.
Au fil des ans, ses terres devinrent, d’abord, d’immenses réserves de chasses à gibier d’eau puis, grâce à l’intelligence de quelques uns, un parc national (un des plus grands d’Espagne). Ce parc national pris le nom de la première propriétaire et s’appelle désormais le Parc de Doñana (petite contraction oblige)!
Le parc ressemble quelque peu à la Camargue, avec de grandes étendues marécageuses, des chevaux et partout des oiseaux migrateurs (ou non) qui barbotent ou qui farfouillent l’eau à la recerche de nourriture. Il y en a pour tous les goûts (des grues, des hérons cendrés, des cigognes, des canards, des spatules -avec un bec en forme de spatule- et j’en passe).
Mais le parc de Doñana ne se résume pas seulement à cela. Tout d’abord parce que le parc est l’une des 3 plus grandes haltes d’oiseaux migrateurs en Europe et puis parce qu’il regorge d’autres animaux. En nous baladant une petite heure sur des sentiers balisés nous avons vu 2 marcassins et 1 biche; sans parler de dizaines d’oiseaux (OK, ça n’impressionnera guère le Trièves mais quand même).
Mais le plus fou quand on longe le parc (on ne peut que le longer, le traverser est interdit pour cause de repos et copulations d’oiseaux) ce sont les panneaux de signalisation routière indiquant “Attention traversée de lynx ibérique” (cf la photo du panneau). Apparemment le parc comporte les 40 ou 50 derniers lynx de toute l’Espagne… et les panneaux ne sont pas si incongrus que ça puisqu’il semble que 30 lynx se soient faits écrasés ces 3 dernières années.
Ceux qui me connaissent savent qu’il est déjà trés dur d’écraser un chien… alors un lynx. Mais je vous rassure nous n’en avons pas vu… quoique j’aurais été trés fière d’avoir une vraie photo de lynx, et pas seulement un panneau.
Seules ombres à ce tableau idyllique (je mets un “s” car il y en a plusieurs); les moustiques (pas trop à cette saison mais il semble que ce soit horrible en été) et l’urbanisation en limite et au milieu du parc. Faut dire que celui-ci longe la mer… et la mer attire le touriste, puis le promoteur et avec lui barres d’immeuble, routes et baraques à frites.
Le parc est donc coupé en deux par une route nationale (pour permettre aux Sévillans de venir se baigner) et bordé par une côté hyper urbanisée. Il semblerait que les écologistes soient montés au créneau… mais sans succés.
Un commentaire »
Publié par Jerem dans Andalousie
Après avoir enchaîné plusieurs villes, il est temps de retrouver un peu la mer, que nous n’avons pas vu depuis le Cabo de Gata. Le littoral Espagnol est aussi long que varié, et il s’agit avant tout de bien choisir sa Costa pour éviter la déception : la Costa Del Sol est très longue, très ensoleillée mais surtout très bétonnée, il faut donc pousser jusqu’à la Costa de la Luz pour pouvoir voir la mer sans immeuble qui vous cache le soleil.
Direction Tarifa, à l’extrême sud de l’Espagne (encore plus bas que Gibraltar si on regarde bien la carte), qui est un spot mondialement connu des véliplanchistes et autres adeptes du kite-surf parce que la vent y souffle sans discontinuer. On a pas du bien choisir notre jour, car nous arrivons sous un ciel plus que sombre et sans le moindre vent… Ce n’est pas que l’on comptait profiter du vent, on le fuit même un peu généralement, mais s’il pouvait chasser les nuages on ne s’en plaindrait pas ! Nous poursuivrons la route quelques kilomètres pour faire halte à la petite plage de Bolonia un peu plus au Nord. Trois heures d’averses et de lecture plus tard, nous tentons une sortie à la faveur d’une éclaircie.
Mais détrompez-vous, nous ne sommes pas là que pour la bronzette, c’est de culture et même d’archéologie dont je vais vous parler : juste au bord de la plage se tient l’ancienne ville Romaine de Baelo Claudia. Nos amis les Romains y ont pendant longtemps pêché et salé le thon, mais aussi fabriqué un délice recherché dans tout l’Empire : le Garum, petite sauce à base d’entrailles et de têtes de poissons. Le Nuoc Mâm de l’époque en quelque sorte. De cette ville nous restent des ruines assez vastes comprenant un temple, un théâtre, un forum, des habitations, des commerces, des thermes et la fameuse usine de salaison. Mais il faut bien avouer que c’est avant tout le cadre qui fait la beauté du site : la vue sur les colonnes juste devant l’océan avec au loin les côtes du Maroc qu’on aperçoit de l’autre côté du détroit, moi ça me plaît bien.
Le soir venu nous restons au bord de la plage avec plusieurs autres vans et camping-cars pour la nuit. Après pas mal de nuits passées en camping afin de pouvoir visiter les villes, cela fait du bien de retouver un peu plus de liberté. Et autant parfois on n’a pas vraiment envie de s’entasser avec d’autres camions s’il y a peu de place, autant cela peut être rassurant de ne pas passer la nuit seuls quand on est pas vraiment surs de pouvoir se poser là. Nous sommes tranquillement endormis lorsque qu’un gyrophare déboule sur le parking, et qu’on toque à notre porte et à celle des autres camions : Guardia Civil ! Le policier explique que nous sommes dans un Parc Naturel et que nous pouvons pas passer la nuit là… Bon il est plutôt sympa, personne n’aura amende et à part le stress de se réveiller en sursaut afin d’enfiler quelque chose pour être présentables devant un représentant de la Loi nous n’avons pas trop à nous plaindre. Mais il n’empêche que la Guardia Civil est plutôt chafouine de faire des rondes en passant à toutes les heures, en ne disant rien à 23 heures (du coup on se dit “chouette, c’est bon”) pour finalement nous réveiller à minuit car le jour c’est autorisé et la nuit non ! La légendaire solidarité des campings-caristes nous entrainera tous en groupe à peine quelques kilomètres plus loin sur un petit parking près d’un col, juste derrière le panneau “Parque Natural”, où nous passerons une nuit très tranquille. Au réveil le soleil a repris ses droits, pour longtemps on l’espère !
2 commentaires »
Publié par Caro dans Andalousie
Le joli mois de mai (joli oui, mais frais voire froid aussi !) voit fleurir dans toutes les villes (gandes comme petites) des feria.
Ici, la feria ne se déroule pas exactement comme chez nous (en tous cas pas comme à Nimes où la feria se résume aux corridas, à des flots de bière et à des bandes d’excités qui se baladent dans les rues en empêchant les gens de dormir).
En Espagne (tout du moins à Cordoue pour ce que nous en avons vu), la “feria” est circonscrite à un lieu particulier (en dehors du centre) et il n’y en a aucune trace dans la ville (enfin si dans les arènes tout de même). D’ailleurs à Cordoue, seuls les touristes se baladaient dans les rues, nulle trace des Cordobans.
Enfin, quand je dis aucune trace, ce n’est pas tout à fait vrai… car à chaque coin de rue l’on rencontrait des Andalouses habillées en Sévillannes qui s’en allaient à la feria.
C’est trés original de voir toutes ces femmes (de tout âge) habillées comme des poupées avec des robes ultra colorées avec d’énormes volants et froufous, des fleurs rouges dans les cheveux (voire une mantille pour les plus classes) et des chaussures à talons qui font clac clac sur le pavé comme des danseuses de flamenco. Ce sont des robes trés droites et trés ajustées jusqu’aux cuisses (ce qui empêche de faire de trop grands pas) puis trés évasées en bas - je précise tout ça pour les garçons qui nous lisent et qui, je suppose, ne se figurent pas bien la chose -.
Autant dire qu’il faut avoir la taille et les hanches relativement fines …
Je pense honnetement qu’en France, personne n’oserait porter de tels vêtements en pleine ville, un soir de semaine, sans avoir un tout petit peu honte (car même s’ils sont beaux, certains sont parfois un peu flashy, voire vulgaires, voire même mal portés), mais ici la feria est une tradition si ancrée dans les us et coutumes, que personne ne s’étonne de voir une Andalouse de 80 ans porter une robe verte pomme à gros pois rouge (véridique).
Y a pas à dire, l’Espagne a beaucoup plus le sens de la fête “festive et traditionnelle” que la France.
Nous en avons vu tellement qu’un de mes nouveaux clichés (un jour on vous fera un post sur tous les clichés que l’on possède à tort sur ce pays) sur l’Espagne sera de penser que toute bonne Andalouse qui se respecte dans sa garde robe une robe de Sévillanne.
Tout ceci nous a bien fait sourire, sauf peut être les gamines de 2 ans dans leurs poussettes, engoncées dans leur mini robe de sévillanne si pleine de frou-frous qu’elle manquait s’y étouffer dedans. Et à côté, la maman habillée de la même façon, tout sourire de voir sa fille si mignonne.
Enfin presque… .
Un commentaire »
Publié par Caro dans Andalousie
Ronda est la ville d’Andalousie dont tout le monde parle, aprés Séville et Grenade bien sûr… pour son pont, son originalité et ses points de vue. On la voit partout, sur les cartes postales, sur les couvertures de guide, sur les blogs des routards, etc… Notre curiosité ayant été piquée au vif, on décide de s’y arrêter et de dormir 2 nuits dans son unique camping (sympathique au demeurant).
Tout commence par une ville tout ce qu’il y a de plus banale implantée sur un plateau tabulaire bordé de falaises, la ville s’agrandit et les peuples passent (les arabes construisent un petit pont et les bains les mieux conservés de toute l’Espagne, les suivants érigent de petits palais aux beaux patios et de belles places).
Mais l’on se rend vite compte que Ronda manque de place… manque de chance l’on ne peut pas l’étendre à moins de construire de l’autre côté de la rivière, sur l’autre plateau tabulaire.
Aussitôt dit, aussitôt fait… oui mais comment on passe?
La rivière coule dans une gorge haute d’environ 80 à 100 mètres et le seul pont reliant les deux rives est minuscule.
En 1700, décision est donc prise de construire un pont spectaculaire reliant les deux rives, les deux villes et les deux plateaux. Le pont s’écroulera quelques années plus tard lors d’une crue.
Aprés quelques études supplémentaires, un autre pont est construit en 1766, qui celui-ci ne s’écroule pas. Ce pont a cela de remarquable qu’il s’élève à plus de 86 mètres de haut et que son étroitesse donne l’impression d’une extrème fragilité.
L’on comprend mieux maintenant que Ronda fasse l’objet d’autant d’attention et d’images car il est vrai que son pont fait preuve d’une grande photogénie, de par ses dimensions.
Alors pour terminer… camping sympa et pas trop cher, ville mignonne pour bien des aspects (les Bains Arabes, les maisons, patios et autres jardins et son célèbre pont) que demander de plus?
Pas de commentaire »
|